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Appel à contributions : Enseignements de langues et cultures de spécialité pour les domaines ALL-SHS

Publié le 13 juillet 2022 Mis à jour le 13 juillet 2022
le 30 septembre 2022
Le colloque international aura lieu les jeudi 11 et vendredi 12 mai 2023.
Université Toulouse - Jean Jaurès

Organisé par les unités de recherche LLA-Créatis (Lettres, Langages et Arts), CAS (Cultures Anglo-Saxonnes), CREG (Centres de Recherches et d’Études Germaniques) et EFTS (Éducation, Formation, Travail, Savoirs)

Le colloque international qui se tiendra à l’université Toulouse - Jean Jaurès les 11 et 12 mai 2023, entend ouvrir une réflexion interdisciplinaire et multilingue sur l’enseignement des langues et cultures de spécialité pour les domaines des arts, lettres et langues, sciences humaines et sociales (formations que désigne en France l’appellation ALL-SHS), en offrant un espace de dialogue à différentes disciplines et sensibilités. Co-porté par les trois universités de Toulouse, Capitole, Jean Jaurès et Paul Sabatier, via les unités de recherche LLA-Créatis, CREG, CAS et EFTS, l’événement propose de s’interroger sur les enseignements de langues vivantes dispensés à l’université ou dans tout autre établissement de l’enseignement supérieur, en France et à l’étranger, en complément d’une formation principale, de la licence au doctorat, dans des domaines aussi variés que les arts, les lettres, l’histoire, les sciences du langage, les sciences de l’éducation, la psychologie, la sociologie, entre autres. Cet événement vise à faire converger, consolider et poursuivre les premières recherches menées à Toulouse sur les langues de spécialité pour les ALL-SHS, notamment par le laboratoire LLA-Créatis pour l’espagnol (deux journées d’études en 2021 et 2022) et par le laboratoire CAS pour l’anglais (deux journées d’études CAS/LLSETI en 2017 et 2018).

Les cours de langue dans l’enseignement supérieur, optionnels ou obligatoires, et connus en France sous diverses appellations (enseignements de langue pour non spécialistes, LANSAD, option langue, langue vivante, langue de spécialité, etc.), s’articulent à la formation principale des étudiantes et étudiants de différentes façons qu’illustrent en particulier deux grandes tendances. Certains de ces enseignements sont directement liés à la discipline principale, c’est le cas pour la langue dite « de spécialité », tandis que d’autres sont généralistes et s’inscrivent dans la continuité des cours de langues vivantes comme on les dispense dès les débuts de l’apprentissage dans le cadre des enseignements du second degré. Le secteur LANSAD (Langues pour spécialistes d’autres disciplines), dont le nom a été forgé par Michel Perrin en 1993 (Mémet, 2001, p. 312), peut ainsi embrasser des enseignements de langue aussi bien généralistes que de spécialité, et sa progression rapide jusqu’aux années 2000 se caractérise par une grande hétérogénéité. Hormis à l’échelle européenne avec la diffusion d’outils tels que le CECRL (Cadre européen de référence pour les langues) et le PEL (Portfolio européen des langues), force est de constater un relatif manque de lisibilité. Pour les formations ALL-SHS, une vraie politique des langues continue de faire défaut (Rivens-Mompean, 2013, p. 32). Pourtant, une spécialisation des enseignements de langues et cultures apparaît comme un enjeu majeur pour les formations de l’enseignement supérieur, aussi bien en matière de professionnalisation que d’internationalisation (Van der Yeught, 2014).

L’ambition du colloque est de proposer un espace de recherche susceptible d’orienter sur ces questions, à la manière de ce qui s’est fait autour de la langue de spécialité dans les domaines des sciences expérimentales, du droit ou de l’économie, et ce pour plusieurs langues, l’anglais, l’espagnol, l’allemand, le FLE, etc., et dans des contextes culturels différents. Les éclairages seront résolument pluriels. On envisagera tous les niveaux universitaires (licence, master, doctorat, éventuellement post-doctorat et formation continue), ainsi que tout type d’établissement de l’enseignement supérieur (universités, écoles, instituts, etc.). On présentera, analysera et comparera des approches conceptuelles, des pratiques et projets pédagogiques, et des politiques linguistiques spécifiques à différents pays, milieux, courants ou institutions. L’enjeu général de ce colloque est de mieux appréhender les enseignements de langue et de culture au sein des établissements de l’enseignement supérieur dans leur articulation avec la formation principale des étudiantes et des étudiants pour les ALL-SHS. Alors que l’anglais peut apparaître comme lingua franca en raison du caractère indispensable de la maîtrise de l’anglais, par exemple pour les sciences expérimentales, le droit ou l’économie, tel n’est pas forcément le cas des domaines ALL-SHS en question dans ce colloque.
 

Axes de réflexion privilégiés pour le colloque et échéancier

Le colloque accueillera des conférences a) sur les questions épistémologiques que peuvent poser les langues et cultures de spécialité pour les domaines des arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales, b) sur les besoins des apprenantes et apprenants, c) sur les pratiques pédagogiques, mais aussi d) sur les politiques linguistiques mises en œuvre dans l’enseignement supérieur, en France et dans le monde, notamment pour renforcer l’internationalisation des offres de formation.

Les communications porteront, en priorité, sur les aspects suivants :

  • Questions épistémologiques. À quoi peut renvoyer la notion de « langue et culture de spécialité » ? Du point de vue des langues et cultures de spécialité, est-ce que les domaines des sciences humaines et sociales, arts, lettres et langues, et les secteurs professionnels correspondants, possèdent des spécificités ? Y a-t-il des différences entre les spécialités ? Entre les aires géographiques ? Quelle place revêt la culture selon la spécialité ou selon la langue ? Pour ces domaines de spécialité, quelles différences entre l’anglais et les autres langues ? Dans quelle mesure le caractère “universel” de l’anglais (lingua franca) serait-il illusoire, et d’autant plus lorsque la composante culturelle entre en ligne de compte ? Quels degrés et formes de spécialisation peuvent être identifiés ? Quelles sont les particularités et le rôle des langues pour objectif universitaire (FOU, Wissenschaftsdeutsch) dans le domaine ALL-SHS ?
  • Questions linguistiques. Quelles langues de spécialité en fonction des domaines ? Comment s’exprime le spécialisé dans les communautés professionnelles de ces domaines ? Quelles recherches déjà menées ou à mener pour caractériser le substrat linguistique qui les distingue ou les rassemble ? Quelles méthodologies de recherche (recueil et analyse des données du terrain) ?
  • Questions pédagogiques. Besoins des apprenant·e·s. Que peuvent apporter des enseignements de langues et cultures de spécialité à des étudiant·e·s inscrit·e·s dans une formation en sciences humaines, sciences sociales, arts, lettres ou langues ? Dans le cadre de leur formation universitaire, pour préparer une mobilité ou encore en matière d’employabilité ? Quelle importance peut avoir la compétence langagière spécialisée et les connaissances culturelles de spécialité en fonction du niveau d’études (licence, master, doctorat) ? Selon quel niveau de langue ? Quels besoins en langue et culture de spécialité autre que l’anglais ? Le caractère spécialisé de l’enseignement peut-il avoir un rôle motivant dans l’apprentissage d’une langue étrangère ? Quelles compétences langagières sont visées ? Quelles connaissances culturelles ? Quelles compétences interculturelles ? Quels savoir-faire et savoir-être professionnels ?
  • Contenus d’enseignement. Quels dispositifs pédagogiques seraient les plus pertinents selon quelle spécialité ? Pour quels niveaux de langue ? Sur quels axes la spécialité peut-elle se décliner (linguistique, thématique, pragmatique, etc.) et selon quels degrés ? Quelles ressources pédagogiques ? Quelles différences selon les langues ? Quelles articulations entre langue et culture ? Quelles articulations possibles avec les secteurs professionnels visés ?
  • Formation des enseignantes et enseignants. Quelle formation adaptée aux langues et cultures de spécialité ? Quelles différences entre les spécialités ? Entre les langues ? Quelle articulation avec l’institution ? Quels liens avec la mission recherche de l’enseignant·e-chercheur·e ?
  • Questions institutionnelles / politiques. Pour un établissement de l’enseignement supérieur, quels enjeux peuvent représenter des enseignements de langues et cultures de spécialité en matière d’offre de formation, d’attractivité, de visibilité, d’internationalisation ou encore sur la question des recrutements ? Quelle place pour les enseignements de langues et cultures de spécialité dans la politique linguistique de l’établissement ? Quels enjeux peut représenter la certification en langue et culture de spécialité ? Quel lien avec la recherche, si l’on considère que l’une des ambitions de l’université est de former à et par la recherche ? Quelle importance accorder aux autres langues que l’anglais ? En quoi les enseignements de langues et cultures de spécialité peuvent-ils contribuer à une défense du plurilinguisme, notamment depuis l’institution universitaire ?

Ce colloque s’adresse à tout·e enseignant·e-chercheur·e et enseignant·e intéressé·e par les langues et cultures de spécialité pour les domaines des arts, lettres, langues, sciences humaines et sociales, mais aussi à tout·e professionnel·le des secteurs correspondants concerné·e par des projets internationaux.

Les communications pourront avoir lieu en français, en anglais, en espagnol et en allemand.

Les propositions de communications (300 mots environ) accompagnées d’une bio-bibliographie sont à envoyer dès maintenant, et au plus tard le 30 septembre 2022, aux adresses suivantes : lcs2023@univ-tlse2.fr et emilie.lumiere@univ-tlse2.fr.

Le comité vous indiquera au plus tard fin octobre si votre proposition est retenue.