Appel à communication JE doctorante « À la recherche d’une identité européenne ? Mécanismes, concepts et transferts d’un héritage en adaptation »

Publié le 21 avril 2022 Mis à jour le 2 mai 2022
le 18 juillet 2022
Proposition à soumettre avant le 18 juillet 2022
Université Paul Valéry, Montpellier 3

Le but de cette journée d’études doctorales est d’interroger le concept d’identité européenne depuis le mouvement des Lumières jusqu’à la construction de l’Union Européenne et l’époque contemporaine. Poursuivant une approche à la fois synchronique et diachronique, l’analyse de ce concept littéraire, politique, social, et historique permettra de révéler des mécanismes de transfert d’une notion en adaptation permanente selon le contexte historique, géographique et culturel. Confronté à la diversité des connotations du concept identité européenne, les contributions présentées et les échanges qui auront lieu lors de cette manifestation transdisciplinaire permettront une compréhension plus nuancée du processus de transfert d’un héritage en adaptation permanente.

Le but de cette journée doctorale est d’interroger le concept d’identité européenne à l’époque moderne, c’est-à-dire entre le mouvement des Lumières et la construction de l’Union Européenne. Poursuivant une approche à la fois synchronique et diachronique, l’analyse de ce concept littéraire, politique, social, historique et identitaire permettra l’analyse des mécanismes de transfert d’une notion en adaptation permanente selon le contexte historique, géographique et culturel. Poursuivant l’approche de Laurent Martin, la construction d’une identité européenne dans le cadre de l’Europe communautaire reflète l’état de la mode conceptuelle1. Oscillant entre exception et diversité culturelles, multiculturalisme et dialogue interculturel, c’est aussi géographiquement que l’Europe est redéfinie au fur et à mesure des périodes historiques : de l’Atlantique jusqu’à l’Oural, une définition datant de 1730 pour intégrer la Russie dans l’Occident et reprise par Charles de Gaulle pour manifester son objectif d’une Europe européenne et non atlantiste2. Force est de constater que chaque affirmation d’une identité s’articule toujours par rapport à une autre, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’Europe. Confrontés à la diversité des connotations du concept identité européenne, les contributions présentées et les échanges qui auront lieu lors de cette manifestation transdisciplinaire permettront une compréhension plus nuancée du processus de transfert d’un héritage historique, culturel et politique en réadaptation permanente. En conséquence, cette journée d’études doctorales sera l’occasion d’un dialogue entre des champs disciplinaires variés, en réunissant des intervenants de domaines comme l’histoire, les lettres modernes, l’histoire de l’art, la traductologie, la linguistique, l’anthropologie, la géographie, la philosophie, la sociologie ou les sciences politiques. Au regard du caractère non-figé du concept, la journée doctorale ne donne aucune limite géographique.
 

Plusieurs approches et axes thématiques peuvent être envisagés comme piste de réflexion :
 

Mécanismes d’adaptation, d’interprétation et de transformation

La notion de l’identité européenne s’intègre toujours dans un contexte historique, politique et culturel. Une analyse constructiviste qui évite les limites descriptives et prescriptives d’une théorie quelconque permettra d’esquisser les mécanismes d’évolution, d’adaptation, d’interprétation et les limites du concept à une période ou un espace donné3. La mise en valeur d’une analyse discursive en lien avec des réflexions sociologiques par rapport aux acteurs concernés et leur influence sur le concept interrogé permettra par exemple d’améliorer la compréhension des échanges entre différentes sphères discursives.
 

Concepts prépondérants au concept identité européenne

Force est à constater que chaque période est marquée par une dynamique plus globale qui engendre le besoin d’adapter le concept d’identité européenne. Ce défi s’observe en analysant avec une approche comparative l’Europe du 18e siècle avant l’émergence des Etats- Nations et l’Europe communautaire : « les critères culturels sociaux ou religieux semblent les plus pertinents : d’un côté, le clivage entre culture protestante et catholique, ou entre culture chrétienne et juive, qui ont modelé les systèmes culturels et symboliques, et de l’autre les pratiques socioculturelles qui dominent l’univers des couches populaires ou celui des élites et des cours princières »4. Comment pouvons-nous esquisser les processus et mécanismes de transfert et d’héritage d’une identité européenne entre les cours princières des Lumières européenne et les mettre en relation avec l’intergouvernementalité et la supranationalité comme termes clés lors des débats de la construction européenne des années 1950 et 1960 ? Parallèlement, il fait aussi faire référence à des traditions européennes nationales différentes qui trouvent leurs origines en partie dans l’Ancien Régime. Ainsi, en prenant l’identité européenne comme un phénomène discursif, adapté à une période historique ou un espace spatial, l’analyse des échanges avec d’autres concepts de la philosophie politique permettra d’approfondir la compréhension des processus de transfert et d’adaptation. Le début de la construction européenne, d’abord comme Communauté et à partir de 2009 et l’entrée en vigueur du traité de Lisbonne sous le nom d’Union Européenne, fut marqué par l’idéal de l’unité et la diversité de l’Europe, basée sur la définition de Jacob Burckhardt qui soulignait le christianisme comme valeur unifiante de l’Europe5. Pourtant, Laurent Martin montre l’adaptation de la sphère politico-bureaucratique aux défis sociétaux : à partir de l’introduction de la notion identité européenne depuis le sommet de Copenhague en 1973, celle-ci elle fut rattachée à différents concepts prépondérants comme diversité culturelle, exception culturelle, multiculturalisme et échange interculturel6.
 

Acteurs : Identité européenne – une identité vécue ?

Contrairement aux deux premiers axes thématiques, la focalisation sur des acteurs divers permettra une problématisation autour de ces acteurs de la question d’une identité européenne vécue. Jacques Dewitte envisage l’identité européenne comme étant basée sur des valeurs qui se définiraient par le contenu de l’histoire européenne vécue, articulée par l’Art. Cette approche permettra d’accéder à une connaissance de soi-même et en conséquence à une identité européenne sans reproduire un positivisme constructiviste7. Cette approche normative permettra d’ouvrir l’analyse aux artéfacts et de les interroger par rapport à leur importance dans le processus de la construction d’une identité européenne. L’exemple de l’identité littéraire comme catalyseur de l’identité nationale et européenne a été thématisé pour le cas hongrois par Julia Nyikos8. Déjà sous l’Ancien Régime, le voyage jouait un rôle essentiel dans la construction d’une sphère publique européenne, à l’image du Grand Tour, circuit commun qu’empruntent les érudits de tout pays9. Ainsi, la présentation de différentes études de cas en lien avec des artéfacts d’une éventuelle identité européenne permettra d’enrichir les connaissances par rapport aux acteurs et leur vécue.

 

Ces axes ne sont pas exhaustifs et d’autres problématiques en lien avec le thème de cette journée d’études seront les bienvenues.

Cette journée d’études s’adresse aux jeunes chercheurs et chercheuses de disciplines variées sans limite géographique. Les communications devront durer 20 minutes et seront suivies de 10 minutes de questions-réponses. Elles pourront se faire en français ou en allemand.
 

Modalités de soumission

Toute proposition de communication devra être envoyée avant le 18 juillet 2022 accompagnée d’un résumé de 300-400 mots et d’une courte présentation de l’auteur et de ses travaux de recherches à l’adresse suivante :

robert.fiedler@univ-montp3.fr

La journée d’étude se déroulera le vendredi 7 octobre 2022, en salle des colloques 2 sur le site Saint-Charles de l’Université Paul-Valéry, Montpellier 3, Rue du Professeur Henri Serre 34080, Montpellier.

Les repas et les collations de la journée seront pris en charge par le CREG pour les participants. Le transport et l’hébergement seront à la charge des laboratoires de rattachement des intervenants.
 

Comité d’organisation
  • Robert Fiedler CREG - EA 4151, Université Paul-Valéry, Montpellier 3
  • Nawel Ouled CREG - EA 4151, Université Paul-Valéry, Montpellier 3
  • Sofiane Taharbouchet CREG - EA 4151, Université Paul-Valéry, Montpellier 3


 

Comité scientifique
  • Michel Lefèvre, CREG – EA 4151, Université Paul-Valéry, Montpellier 3
  • Etienne Dubslaff, CREG – EA 4151, Université Paul-Valéry, Montpellier 3
  • Christian Amalvi, CRISES – EA 4424, Université Paul-Valéry, Montpellier 3
  • Dirk Weissman, CREG – EA 4151, Université Jean-Jaurès, Toulouse 2



 

1 Laurent Martin, « Identité culturelle de l’Europe et diversité culturelle en Europe : l’Europe (n’) a-t-elle (qu’) une âme ? », Revue Française d’Histoire des Idées Politiques n° 43, no 1 (2016): 255272.

2 John Horne, « Une histoire à repenser », Vingtième Siècle. Revue d’histoire 71, no 3 (2001): 6772.

3 René Schwok, « Politique internationale de l’Union européenne et identité européenne : apports et limites des approches constructivistes », Relations internationales n° 139, no 3 (2009): 7388.

4 Ursula Haskins Gonthier et Alain Sandrier (dir.), Multilinguisme et multiculturalité dans l’Europe des Lumières. Multilingualism and Multiculturalism in Enlightenment Europe », Annales historiques de la Révolution française, no 354 (2008): 2182020.

5 André Reszler, « L’identité européenne. Une brève esquisse historique », in L’identité de l’Europe, Intervention philosophique (Paris cedex 14: Presses Universitaires de France, 2010), 6575.

6 Martin, « Identité culturelle de l’Europe et diversité culturelle en Europe ».

7 Jacques Dewitte, « Comment parler de l’identité européenne ? », in L’identité de l’Europe, Intervention philosophique (Paris cedex 14: Presses Universitaires de France, 2010), 12348, https://doi.org/10.3917/puf.matte.2010.02.0123.

8 Julia Nyikos, « L’identité littéraire comme catalyseur de l’identité nationale et européenne », Marges, no 06 (15 octobre 2007): 9097.

9 Gilles Bertrand, « La place du voyage dans les sociétés européennes (XVIe-XVIIIe siècle) », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest n° 121, no 3 (15 novembre 2014): 726